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Villa Printemps, Auguste Renoir (1841-1919)

villa celebre roc tavel

La villa Printemps est une grande maison blanche qui surplombe le boulevard Gambetta. C'est Frumence Dumoulin, propriétaire à Lyon, qui la fait construire vers 1890, certainement comme placement immobilier puisqu'elle servira de pension de famille meublée. Elle est conçue comme une maison de grand standing, avec chambres de maître et de domestiques et tout l'équipement nécessaire pour le confort. Dans les années 30, elle est louée avec linge et argenterie. Elle abrite au début du XXe siècle des personnes ayant une certaine notoriété dans le domaine des arts et des sciences.

Auguste Renoir, peintre français atteint de rhumatisme articulaire, se retire vers la fin de sa vie dans le midi. Il s'établit d'abord à Grasse, puis s'installe au Cannet dans la villa Printemps en février 1902 avec sa femme et ses enfants. Il y séjourne peu de temps, n'appréciant guère Cannes et Le Cannet pour son côté mondain. Cagnes sur Mer lui convient mieux, et il se fixe alors définitivement dans sa maison « Les Collettes » où il finit ses jours.
En 1905, Henri Beaunis devient le propriétaire de la villa et s'y établit avec sa femme. Ce médecin est une sommité dans le domaine de la psychologie, puisqu'il fonde en 1889, à la Sorbonne, le premier laboratoire français de la psychologie expérimentale. Bien que n'étant pas originaire du Cannet, il est très intégré dans la vie sociale du village, considéré comme un notable. A ce titre, sa femme participe activement aux bonnes œuvres de la ville. Il décède en 1921 dans sa maison.

 

Villa Roc Tavel, Auguste Tavel (1854-1930)

Auguste Tavel artiste-peintre, désire s'installer au Cannet après une visite à son frère, alors Directeur de la Cie du Gaz à Cannes. Il est tout de suite séduit par la lumière éclatante et le panorama, depuis les collines de la Colle.
Il fait construire sa villa qu'il appellera Roc Tavel, dans un parc boisé de 4000 m2. Henri Stoecklin en dessine les plans. Au rez-de-chaussée, l'architecte prévoit un grand atelier d'artiste de 54 m2, au premier étage, quatre chambres de maîtres. Dans la salle à manger, Louis Pastour peint le plafond en faux bois ; le peintre Baraize compose sur trois côtés de la pièce des motifs décoratifs.

Celui que l'on surnomme le « peintre des oliviers », s'illustre par ses toiles de paysages, « Sous les oliviers en hiver », « Aux Brigguières », « Environs du Cannet »... Il meurt en 1930, donnant son nom à la rue qui mène à sa maison.

 

Les Néfliers, Ferdinand Bac (1859-1952)

Petit-fils adultérin du roi Jérôme, frère de Napoléon 1er, Ferdinand Bac est peintre, écrivain, dessinateur et créateur de jardins. Il connaîtra surtout la renommée par ses talents de paysagiste. Après de nombreux voyages en Méditerranée, qui alimenteront son imagination, il s'installe sur la Côte d'Azur. Rapidement, il reçoit de nombreuses commandes, à Grasse (1912), puis Villefranche (1915), St Jean Cap Ferrat (1917), et surtout à Menton (1919 à 1926) où il signe la décoration intérieure et crée le jardin du manoir « Les Colombières », une réalisation considérée comme son chef-d'œuvre. En 1906, il passe l'hiver chez Maurice Maeterlinck à Grasse. Puis il loue une maison au Cannet, de 1909 à 1917, le cottage Les Néfliers, avenue Jean Mermoz, "une vieille bastide du XVIIIe haut perchée dans un verger avec des terrasses plantées d'orangers...La vue y était incomparable".

Hanté par le secret de ses origines, il rédige un ouvrage sur le « Prince Napoléon », où il décrit ses liens avec Rachel, sa maîtresse de 1851 à 1855. Il y fait le récit de sa visite éclair au Cannet pour se rendre au chevet de la tragédienne. Durant son séjour dans notre ville, Ferdinand Bac aura l'occasion de visiter la villa Sardou et plus précisément la chambre où mourut Rachel. Personnalité reconnue au Cannet, jouissant d'une certaine notoriété comme « écrivain et éminent architecte des jardins », il lui arrive d'être sollicité par « Le Cannet Journal », pour écrire des articles sur ces deux personnages.

 

Le chalet rose, Georgette Leblanc (1875-1941)

Poète, écrivain, artiste lyrique et actrice de cinéma, Georgette Leblanc possède de multiples talents. Elle est surtout connue comme cantatrice dans son rôle de prédilection « Thaïs de Massenet » et triomphe dans « Carmen » en 1904. Elle joue dans le film « L'inhumaine » de Marcel L'Herbier.
Fille d'un armateur de Rouen, elle est la sœur de Maurice Leblanc, l'auteur des « Arsène Lupin » et la compagne pendant près de vingt ans du grand écrivain et Prix Nobel Maeterlinck.

Alors qu'elle est gravement malade, elle décide de se rapprocher de Cannes, où des amis lui trouvent une petite maison modeste Le chalet rose. Elle s'y installe en février 1940 avec ses deux amies de toujours : Mathilde Serrure et l'écrivain américain Margaret Anderson, et y décède l'année suivante, en octobre 1941. Elle est enterrée au cimetière Notre- Dame des Anges. Ses deux compagnes reposent avec elle. Une plaque sur la maison, avenue Victoria, rappelle son passage au Cannet.

 

L'Oliveraie, Maurice Thorez (1900-1964)

De novembre 1954 à 1955, Maurice Thorez ancien ministre et secrétaire général du parti communiste, séjourne au Cannet, dans un mas provençal, L'Oliveraie, au chemin des Bréguières. Habitué de la Côte d'Azur, il a déjà fait précédemment quelques séjours à Mougins et à Cannes. Cette maison ne lui appartient pas, mais a été mise à sa disposition par le directeur d'une agence immobilière de Paris, ancien député communiste, qui l'a achetée en 1955, 28 millions de francs. Bien qu'acquise en grand secret, certains journaux locaux et nationaux sont au courant de cet « arrangement » et quelques articles dévoilent la visite de cet hôte de marque au Cannet et les circonstances de son achat.

Pour couper court à cette polémique, le Parti Communiste souhaite s'expliquer auprès de ses militants de base : « Le groupe communiste [...] tient à affirmer sa confiance totale en son guide éclairé et à marquer son profond mépris pour les calomniateurs appointés par la réaction capitaliste.[...] et c'est de même pour obéir à une décision du parti que le camarade Maurice Thorez a consenti à être logé dans une villa du sud-est qui a été achetée sur avis du comité central. « La villa l'Oliveraie » est la propriété des travailleurs communistes qui peuvent être appelés à y prendre le repos nécessaire pour le maintien de leurs activités. »... D'importants travaux et de nombreux aménagements sont réalisés, transformant le vieux mas en gentilhommière.

Entourée d'un parc de deux hectares, au sommet d'une colline, la villa L'Oliveraie est alors une grande maison spacieuse et confortable, comprenant huit chambres, un salon de 40 m2, un garage pour dix voitures, la télévision et services annexes pour loger le personnel. Abritée des regards indiscrets et amputée d'une partie du domaine, la propriété l'Oliveraie, aujourd'hui Les Escarasses, a su résister à l'appétit des promoteurs.